Qu’est-ce que vous fricotez encore ?

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Mista s’est volatilisé au mauvais moment, alors que sur une photo prise à Aix-la-Chapelle, un effet d’optique assez rigolo donnait l’impression que Macron s’agenouillait devant Merkel. Exactement comme à Canossa en 1077, lorsqu’ Henri IV, empereur du Saint-Empire-romain-germanique, avait ciré les pompes du Pape Grégoire VII.

Du coup, une partie de la France avait pris feu, entendez le chœur des grands patriotes qui trouvent joli un poteau frontière et ne connaîtront jamais, comme le peut tout  Messin à Frisange, le bonheur simple de gagner trois euros sur un plein.

La colère jaillit des trois autres coins de l’hexagone dans un déferlement de haut-cris. “ Eh là ! vous, les deux sur la photo… qu’est-ce que vous fricotez encore ? Mettez-vous le bien dans la tête. Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ! “

Et c'est au plus bruyant de cet ouragan  franchouillard, déjà peu porté sur l’Europe, que les noires inerrogations sur la localisation  de Mista sont arrivées  comme un chapelet de bombes.

Sans penser qu’il existait un rapport entre les deux évènements, on peut se demander si la mise en veilleuse d’une Ecole d’ingénieurs à Metz n’a pas été influencée par la soudaine fragilisation de l’axe franco-allemand depuis l’éloignement de Merkel... Il traduirait alors la tentation soudaine d’anticiper les changements de cap possibles et donc de minimiser dorénavant l’importance du tropisme frontalier en Lorraine du nord. Il y a toujours des gens bien informés.

Ceci dit, le retour du terme “L’Alsace et la Lorraine“ dans le grand bavardage national, est confondant. Neuf Français sur dix, Parisiens compris, n’ont pas encore réalisé que, même sur l’air des lampions, ce refrain vieux de cent cinquante ans, révèle en 2019 une solide ignorance. A Metz, tout le monde sait depuis longtemps qu’il faut dire “Alsace-Moselle“ quand on veut parler du pays  et des séquelles de l’annexion.

Drôle d’époque assurément. Comme si les fortes images de 1871 restaient plaquées comme des ventouses sur la mémoire hexagonale.

 

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Il ne faudra pas s’étonner si, à l’approche des élections européennes, et bien sûr à condition qu’elles aient lieu, le Mosellan de base ait des états d’âme.

Adieu les Alsaciens, qui nous trouvaient balourds

Adieu Champagne-Ardenne et qu’à cela ne tienne.

MISTA devrait déjà gagner les carrefours

Où la grande région s’inventera un jour.

Alors que les Lorrains roulent en file indienne

Vers les bureaux friqués du petit Luxembourg.