Agnès raconte ce qu'elle a vécu

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La famille de Nicolas Lorich. Derrière, de gauche à droite, Jean et Jacques. Et devant Gustave , Angelique, Anne, qui tient Joseph sur ses genoux, Nicolas, et Elisabeth derrière Marie-Thérèse.

L’interview d’Agnès avait eu lieu à Sarrebruck dans la maison de Horst Ruth, un aimable Sarrois qu’elle avait épousé après la guerre. Gérard assistait à notre entretien en compagnie de sa femme Sylvette, tout comme Gilbert, le frère d’Agnès avec son épouse Simone, et enfin la grande amie d’Agnès, Marguerite Forfer, devenue

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Mme Canteneur. Horst Ruth, Gérard Lorich et Marguerite Canteneur sont malheureusement décédés depuis.

"A la fin de la guerre, avait commencé Agnès, j’avais onze ans. Faites le calcul... Mais tous nos malheurs ont commencé en Septembre 1939. L’ordre d’évacuation arriva chez nous le 1er septembre. Pour toute cette population au nord de la ligne Maginot, il n’y avait pas de temps à perdre."

La mère d’Agnès resta seule avec les trois petits, pour organiser ce départ douloureux. Gustave était en effet mobilisé. Et l’aventure commence… Marie Lorich embarque les trois enfants sur un chariot traîné par des vaches, sur lequel vont aussi monter les deux anciens, Jacques Fey, un célibataire, et sa soeur Anne Lorich, la mère de Gustave. C’est d’abord la longue route, en suivant la Schwalbe vers le sud jusqu’à Lorentzen, Eyvwiller, en Alsace bossue, puis Sarraltroff et Diane-Capelle. Première déception: A Rhodes, près de l’étang du Stock, tous les évacués doivent laisser leur bétail et les chariots. Sans trop se faire d’illusions, les fermiers de plusieurs villages du Bitcherland essaient de vendre leurs vaches et leurs chevaux à l’Etat, contre un joli récépissé. Les gens de Hottviller apprennent alors qu’ils sont dirigés vers les Charentes. En gare d’Azoudange, ils embarquent enfin, dans des wagons à bestiaux.